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La Sociale ! Le film de Gilles Perret projeté à Quimper au Quai Dupleix du 1er au 10 décembre

Le film " La Sociale !" de Gilles Perret, qui avait déjà réalisé « Les Jours Heureux », du nom du programme du Conseil National de la Résistance, va être projeté à Quimper au Quai Dupleix du 1er au 10 décembre.

Ce film, présenté en avant-première cet été aux participants à l'Université d'été du PCF à Angers, rend hommage à la Sécu et à Ambroise Croizat, le ministre communiste du Travail qui la mit en œuvre.

Voir sur le site national du PCF l'analyse et les propositions des communistes :

La sécurité sociale, une idée d'avenir

et aussi les interventions prononcées lors de la soirée organisée le 2 octobre 2015 par le PCF  pour les 70 ans de la Sécu :

La sécurité sociale, 70 ans de modernité

Au moment où le programme de François Fillon, promu candidat de la droite à la présidentielle, annonce une mise en pièces de notre Sécu, déjà bien défigurée par les attaques successives depuis 1958 et notamment les ordonnances de 1967, méditons ces propos d'Ambroise Croizat, lançant en 1945 le chantier de la Sécu :

 

« Désormais, nous mettrons l’homme à l’abri du besoin.

Nous en finirons avec les incertitudes et les angoisses du lendemain...

Oui, nous ferons de la vie autre chose qu’une charge ou un calvaire !

Mais la Sécurité sociale n’est pas qu’une affaire de lois et de décrets.

Elle réclame une action concrète dans la cité, dans l’entreprise.

La Sécurité sociale vous appartient. Elle réclame vos mains ! »

 

Et pour finir, voici l'article consacré à « la Sociale !» dans la rubrique cinéma de l'Humanité lors de sa sortie nationale le 9 novembre :

 

La Sécu, le film qui se bat pour la garder

Dominique Widemann /9 Novembre 2016 / L'Humanité

 

La Sécurité sociale a 70 ans et fait le quotidien de chacun, pourtant son histoire est mal connue quand elle n’est pas l’objet d’un véritable révisionnisme. Le cinéaste Gilles Perret en restitue le sens et les valeurs issus du Comité national de la Résistance. Œuvre utile.

Un nonagénaire souriant emprunte en voiture une route qui épouse les rives d’un lac. On le sent habitué du trajet. Jolfred Frégonara est selon ses termes « un des derniers poilus de la Sécu ». Un piano doux, les feuillages qui ­ondoient sur le pare-brise accompagnent son récit. L’homme est né en 1919 dans une famille athée. « Papa était un socialiste ­révolutionnaire. » Alors, dès la sortie de l’école de mécanique, direction la Bourse du travail, l’adhésion à la CGT. Défilent en quelques phrases le Front populaire, la guerre qui le contraint à fuir le STO. Il finit par gagner la Haute-Savoie où il intègre une unité ­combattante de FTP. Nous voici face à une photo à l’émouvant noir et blanc devant laquelle on s’attarde du regard. C’est le 6 septembre 1944, les syndicalistes CGT de la métallurgie d’Annemasse. Un jeune Jolfred y figure qui, deux ans plus tard, en deviendra le secrétaire général et adhérera au PCF. Images précieuses de celui qui nous quittait en août dernier.

Le témoignage rare et riche d’enseignement de Liliane Croizat

Dans son film précédent, les Jours heureux, Gilles Perret revenait sur le programme du Comité national de la Résistance et les ­ordonnances de 1945 et 1946 qui sont encore au cœur du système social français. L’histoire de la Sécurité sociale reste pourtant largement méconnue quand elle n’est pas l’objet d’un véritable révisionnisme ainsi que la Sociale s’emploie à le démontrer. À commencer par celui qui en fut le fondateur, le ministre communiste Ambroise Croizat. Afin de le faire revivre, Gilles Perret convoque l’écrivain et historien Michel Etiévent, d’abord posté au seuil de l’usine métallurgique de La Léchère. Au milieu de la fournaise, les ouvriers en scaphandres accomplissent une geste risquée, comme couverts d’or par les hautes flammes. En sombre contrepoint, Michel Etiévent raconte la vie d’avant la Sécurité sociale. Une existence dans la peur de la maladie, de l’accident qui, à tout instant, pouvaient en briser les fils. La retraite en antichambre de la mort. Lui-même fils d’une femme de ménage qui avait à charge huit enfants, Michel Etiévent rend à Croizat ce qu’il sait lui devoir. Les vacances, le doublement des allocations, puis l’accès aux livres du comité d’entreprise, les bourses scolaires et enfin l’université. « Croizat, affirme-t-il, c’est le droit de vivre. » Tout son itinéraire sera ressuscité avec le témoignage de sa fille Liliane Croizat.

Organiser rationnellement une société juste et solidaire

Au sortir de la guerre, la tâche est colossale. Conformément au programme du CNR, le texte instituant le cadre général de la Sécurité sociale est certes adopté, un ministre communiste nommé par le gouvernement du général de Gaulle pour l’appliquer. La CGT a compris l’enjeu. Il s’agit d’organiser en quelques mois un système complet assurant le versement des cotisations « patronales » et le service des prestations dues aux allocataires dans les trois branches : maladie, famille, retraite. Les besoins sociaux sont considérables. Le patronat en grande partie sali dans la collaboration relève la tête. L’Église craint de perdre l’influence qu’elle exerce par le biais de ses associations ­caritatives. Des caisses de secours locales rechignent. La CFTC fait un pas de côté. À l’instar de Jolfred Frégonara, des syndicalistes CGT travaillent d’arrache-pied dans tous les départements pour bâtir cet immense édifice dans un pays ruiné. Frégo, comme tous le surnomment, resitue inlassablement les rôles respectifs des milliers de militants, d’Ambroise Croizat, du directeur de la Sécurité sociale, haut fonctionnaire gaulliste, Pierre Laroque. Seul ce dernier patronyme baptise l’amphithéâtre de l’École nationale de la Sécurité sociale à Saint-Étienne. Nulle trace de Croizat. À Paris, au ministère du Travail, François Rebsamen, titulaire au moment du tournage, s’énerve à la mention de Croizat et quitte son bureau au pas de l’arrogance à front bas.

Depuis 1946, la Sécurité sociale aura connu nombre d’attaques. Gilles Perret en retrace les grands axes. Il souligne d’une part le fameux « trou » qui révèle le refus patronal des cotisations. De l’autre, les appétits de l’assurance privée qui entend « gérer les risques » en lieu et place de la Sécu. Le cinéaste convoque historiens et sociologues à l’appui de son système profondément humaniste et efficient. Anne Gervais, hépatologue à l’hôpital Bichat, le démontre au vif des patients. Archives et actualités, actualités et archives… selon Ambroise Croizat, il fallait organiser rationnellement une société juste et solidaire. Pas de liberté sans protection. Pas d’égalité sans solidarité.

 

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