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Chantier naval STX : "La navale française n'est pas à vendre" / Aymeric Seassau

Aymeric Seassau, responsable de la commission "Travail, Emploi, Entreprise" du PCF, secrétaire départemental du PCF en Loire-Atlantique et élu Nantais, a fait lundi 2 janvier la déclaration suivante :

 

Au terme de longs mois d’incertitudes, seul l’italien Fincantieri s’est manifesté pour racheter le chantier naval STX de Saint-Nazaire.

Nous payons aujourd’hui des années d’inactions de l’état français, plus préoccupé par expérimenter à STX un accord de « compétitivité » au détriment des salariés qu’à construire la filière industrielle navale Française dont notre siècle a besoin.

Les capacités de productions italiennes et françaises sont concurrentes plus que complémentaires. Le partenariat de Fincantieri avec le chinois CSSC fait peser de réelles craintes sur les transferts de compétences. Alors que l’état italien est actionnaire majoritaire de Fincantieri, peut-on imaginer que l’outil central de la filière navale française passe sous la souveraineté d’un état voisin ?

Le secrétaire d’état à l’industrie annonce un déplacement à Saint-Nazaire dans les prochains jours.

Il doit entendre ce qu’expriment les salariés, leurs organisations syndicales, les forces politiques et les élu(e)s qui exigent d’autres choix pour la navale française.

L’État a toutes les cartes en mains pour s’opposer à la prise de contrôle italienne. Il n’est pas trop tard pour mettre en œuvre une solution nationale utile au pays en renforçant la participation de l’État au capital du chantier, en y associant ses partenaires historiques mais aussi des industriels nationaux. Les besoins en matière de construction navale sont connus au-delà des paquebots (Ferries, câbliers, gaziers...). Avec le chantier de Saint-Nazaire, la navale française dispose de tous les atouts pour y répondre.

La navale française n’est pas à vendre. Les communistes seront de toutes les mobilisations pour s’opposer à une nouvelle opération capitalistique contraire aux intérêts des salariés et de notre territoire.

 

Ci-après l'article publié sur l'Humanité.fr le 3 janvier après la décision de la justice sud-coréenne sur la reprise du chantier de Saint Nazaire :

 

STX. L'Italien Fincantieri retenu pour la reprise des chantiers navals de Saint-Nazaire .

Le groupe italien Fincantieri a été retenu mardi par la justice sud-coréenne pour la reprise de STX France, officiellement mis en vente, tout comme son actionnaire majoritaire, en octobre.

Seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre la filiale florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuliding qui accumule les difficultés financières, le constructeur naval italien, basé à Trieste et comptant près de 19.000 employés, a été retenu par le tribunal de commerce du district central de Séoul, chargé d'examiner la procédure de redressement judiciaire de la maison-mère du chantier naval de Saint-Nazaire.

Revendu à STX en 2008 par le Norvégien Aker Yards qui l'avait racheté en 2006 à Alstom, le dernier fleuron naval français, avec ses quelque 2.600 salariés, a un carnet de commandes rempli jusqu'à 2026: quatorze paquebots de croisière à construire, mais aussi des sous-stations électriques dans le domaine des énergies marines renouvelables.

Mais avant qu'un accord soit signé pour acquérir 66,6% de STX France, Fincantieri doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen et entrer en discussions avec l'Etat français, qui en détient le tiers restant, et dispose d'une minorité de blocage.

 

Les craintes des syndicats du chantier naval sont loin d'être levées, tant sur le plan industriel et stratégique que sur la question de l'emploi.

« On est désormais fixé, mais ce n'est pas demain qu'on repeindra le portique aux couleurs italiennes. Il y a encore quelques étapes à franchir » et des interrogations sur une possible entrée au capital de l'industriel français DCNS ou d'armateurs, souligne Christophe Morel, délégué CFDT chez STX France.

« On ne sait toujours pas comment Fincantieri va nous faire fonctionner, quelle stratégie ils vont développer pour les chantiers", déplore François Janvier, délégué CFE-CGC, pour qui l'arrivée du constructeur italien "n'est pas la meilleure nouvelle possible ».

Pour Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force ouvrière (FO), « c'est une grosse déception ». Le syndicat, qui réclame de longue date la nationalisation du chantier naval, estime qu'il est « encore temps pour l'Etat d'intervenir », en mettant en place le décret Montebourg de protection des entreprises stratégiques.

Les syndicats s'inquiètent qu'à moyen terme des synergies soient mises en place pour « supprimer des postes en doublons » entre Fincantieri et STX, qui réalisent tous deux des paquebots de croisière, mais aussi des navires militaires.

 

Autre crainte des syndicats, un transfert du savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé il y a quelques mois un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois, et, à plus long terme, une délocalisation de la production.

Majoritaire chez STX France, la CGT entend demander au secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirugue, attendu mercredi à Saint-Nazaire, « des garanties en terme d'emploi et un véritable plan de développement sur trois à cinq ans au regard du carnet de commandes », explique son secrétaire général, Sébastien Benoît.* « Cette poule aux oeufs d'or, il faut la défendre », assure-t-il. Christophe Sirugue avait déclaré début novembre que le gouvernement préférerait un repreneur industriel pour racheter STX France.

 

Fincantieri, qui se présente comme le principal constructeur naval occidental, a construit plus de 7.000 navires en 230 années et compte parmi ses clients des croisiéristes mais aussi de nombreuses marines étrangères, dont la US Navy. Il compte 20 sites répartis sur quatre continents. Le groupe italien vise pour 2016 une croissance de ses ventes de 4 à 6% par rapport à l'année précédente et un bénéfice net, contre une perte de 175 millions d'euros en 2015.

 

*Il y a quelques jours le secrétaire du syndicat CGT de STX pointait aussi le risque de dégradation de l'emploi et d'augmentation de la précarité, le repreneur italien de STX travaillant sur ses chantiers avec 65 % de travailleurs détachés...

 

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