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Au tribunal de Quimper, le procès du racisme « ordinaire » / Ouest-France / 6 janvier 2017

Justice. Un Quimperlois de 58 ans a été condamné hier à 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Quimper. Il diffusait des messages incitant à la haine raciale sur son mur Facebook.

« Une immigration de conquête, en provenance de pays sous-développés. » « 2 000 balles… de plombs » pour des migrants en grève de la faim. « Il y a une justice sur terre » en réaction à 87 morts à la Mecque après la chute d’une grue dans une mosquée. Reproductions de machettes, d’armes à feu. C’est le genre de contenus que publiait sur son mur Facebook un Quimperlois de 58 ans, de septembre 2015 à février 2016.

Jusqu’à ce que Sébastien Miossec, maire de Riec-sur-Belon (Finistère) et président de la communauté de communes du pays de Quimperlé, alerte le procureur de la République le 23 novembre 2015. L’élu avait mis fin au partenariat qui liait la communauté de communes et la société du Quimperlois dans le cadre de la semaine de réduction des déchets.

Jeudi à la barre du tribunal correctionnel de Quimper (Finistère), il s’embrouille dans des explications confuses sur sa vision de la France et de la bi-nationalité. Il voulait « informer, expliquer ». « Vous nous expliquez aujourd’hui des choses que vous n’écriviez pas » rétorque la présidente Marie-Anne Kérisit. Quand elle lui demande s’il avait conscience d’inciter à la haine, il répond : « Je ne sais pas. Y a des publications qui étaient sur le ton de l’humour. Noir ou… je ne sais pas. C’était souvent des copiés-collés, ce n’est pas moi qui les ai écrites. »

Front national

« Mais vous commentez ces publications ! s’emporte la magistrate. Est-ce qu’il ne s’agit pas d’une stigmatisation d’une certaine partie de la population en fonction de ses origines ? » « Je ne critique pas les étrangers, mais… » Elle le coupe : « Vous critiquez les Arabes. » Lui : « J’ai des amis arabes. » La présidente : « On a tous un ami arabe. »

Des tomates hollandaises meilleures que celles d’Afrique du Nord à l’une de ses filles insultée à Rennes parce qu’elle portait une jupe, le racisme ordinaire s’immisce dans chacune des paroles de cet ancien colleur d’affiches du Front national à Quimperlé. « Je pensais qu’on était dans une société de libre expression. Quand les rappeurs disent qu’il faut tuer des flics… » « Ils sont condamnés » le coupe de nouveau la présidente.

Pour la procureure Hélène Geiger, « il a fait largement sauter les digues de la liberté d’expression, qui est soumise à certaines restrictions. L’incitation à la haine raciale et à la discrimination n’est pas une opinion politique, quand bien même elle serait nauséabonde. Il y a manifestement des raccourcis dans son esprit. » Le tribunal suit ses réquisitions : 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende.

Pierre Fontanier.

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