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Pompiers. « On veut nous empêcher de faire grève » / Le Télégramme / 11 janvier 2017

La CGT du Sdis 29 dénonce un arrêté modifiant l'organisation des secours en période de grève. Selon le syndicat, ce texte remet en question la sécurité de la population, voire la possibilité de faire grève pour les pompiers.

Officiellement, ce texte est censé consolider, pour les sapeurs-pompiers, la possibilité d'exercer leur droit de grève. Eux en font une tout autre lecture. Le principal effet de l'arrêté signé en fin d'année par le préfet du Finistère et Nicole Ziegler, présidente du Service départemental d'incendie et de secours du Finistère, est d'abaisser le nombre de pompiers réquisitionnés en cas de grève. Aujourd'hui, à Brest, le centre de secours fonctionne avec un minimum de 35 agents en postes, qui sont réquisitionnés sur demande préfectorale en cas de mouvement social. Avec ce nouveau texte, ce seuil descend à 30 lors d'un mouvement de grève. « Intenable, avec des journées à plus de 50 interventions », rejette la CGT. « En 2000, nous étions 44 sapeurs-pompiers de garde, pour une moyenne de 8.000 interventions annuelles. En 2016, nous avons conduit 11.700 interventions, avec des gardes de 35. C'est limite, mais ça passe. À 30 non, car ce n'est pas parce que nous serions en grève que l'activité serait plus faible », explique Fabrice Le Ven, secrétaire général CGT Sdis 29. La note d'application rédigée par le directeur du Sdis 29 prévoit que, dans ces conditions de grève, les interventions considérées comme non urgentes (de type fuite d'eau, inondation) soient reportées voire annulées. « Mais cela relève d'une vision très théorique de notre activité, qui ne tient pas la route », tranche Patrice Le Vern.

« Dangereux pour la population »

Selon la CGT, la traduction concrète de cet arrêté pourrait être beaucoup plus brutale : « Cela veut dire qu'on risque d'avoir du retard dans les secours, voire pas de secours du tout quand tout le monde est déjà en intervention », assure Yannick Léal, secrétaire adjoint. Selon les pompiers, c'est bien la sécurité que menacerait ce texte : « On intervient sur tout le nord ouest du département, avec des feux qui représentent 12 % de notre activité, contre 6 % en moyenne sur le département. Rien qu'en 2016, une quinzaine de vies humaines ont été sauvées lors des interventions... Mais pour cela, il faut des moyens humains ». La CGT a commencé à alerter les élus du territoire sur les dangers de ce texte, et les appelle à prendre leur responsabilité. Mais, selon elle, le but réel de l'arrêté est d'« anéantir le droit de grève, par la mise en place de conditions intenables ».

« On paie la manif du 19 novembre »

Selon le syndicat, la CGT paierait ainsi sa mobilisation du 19 novembre, lors de l'inauguration du téléphérique. « Des demandes de sanctions ont été lancées et maintenant on a ce texte. C'est clair que c'est une punition ». Les pompiers affirment d'ailleurs avoir toujours en travers de la gorge les accusations de sabotage, suite à la panne électrique qui avait (déjà !) temporairement paralysé le téléphérique ce jour-là : « Nous accuser de ces faits, c'est nous prendre pour des voyous. Notre manifestation était très calme et pacifique ; on était juste au mauvais endroit au mauvais moment ».

 

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