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Bohars (29). Le torchon brûle à l'Ehpad de Kerampir / Le Télégramme / 12 janvier 2017

L'augmentation des tarifs de séjour à Kerampir, au 1er janvier, représente une augmentation mensuelle proche de 480 € par résident. « Insoutenable », pour les résidents de Kerampir et leurs familles.

Le torchon brûle entre l'Ugecam (*), gestionnaire de l'Ehpad de Kerampir, à Bohars (29), et les familles de résidents. En cause, une hausse des tarifs de 31,5% appliquée au 1er janvier. L'explication de texte s'est avérée houleuse ce mercredi soir.

Cela fait maintenant un mois que les familles et résidents attendaient ces réponses. Un mois durant lequel ils ont d'abord appris le risque de déconventionnement de l'établissement abritant quelque 80 personnes âgées, puis la possibilité d'une hausse des tarifs de plus de 31,5 % dès le début d'année.

Hier, la direction de l'Ehpad a d'abord livré ses réponses au Conseil de la vie sociale de l'établissement, qui réunit des représentants des personnels, des familles et des résidents. Une réunion décrite comme tendue, et qui s'est éternisée bien au-delà de l'horaire prévu, tandis que les familles et résidents attendaient le début de l'assemblée générale qui devait suivre. Au final, le CVS a voté à l'unanimité contre le nouveau tarif et les mesures accompagnatrices présentés par la direction territoriale de l'Ugecam.

« L'enjeu : la survie de l'établissement »

Et c'est dans une ambiance particulièrement hostile que le président du conseil de l'Ugecam Bretagne Pays de la Loire, Dominique Ristori, coupé voire raillé à de multiples reprises, a présenté le contexte ayant provoqué cette hausse brutale des tarifs. Sa justification ? Un déficit chronique (depuis 2010) de l'établissement, qui ne peut désormais plus bénéficier de la solidarité du groupe Ugecam et doit retrouver seul l'équilibre. Déficit fortement accru (il est passé de 135 à 400.000 €), du fait du nécessaire retraitement de subventions passées. « L'enjeu est tout simplement la survie de cet établissement, à l'horizon d'un ou deux ans », prévient-il, sans réellement convaincre l'assistance.

En outre, Kerampir n'a pas obtenu du conseil départemental le déconventionnement partiel (ne conservant que le tarif conventionné lié à l'aide sociale) qu'il espérait. Seule issue, donc : une augmentation des tarifs de séjour, portés à 67,50 € par jour, au 1er janvier, ce qui représente une augmentation mensuelle proche de 480 € par résident. « Insoutenable », pour les résidents et familles. Ils dénoncent pêle-mêle mauvaise gestion et politique à courte vue, qui pourrait, à terme, vider un établissement qui perdrait son attractivité, en devenant l'un des plus chers du département.

« Augmentation insoutenable »

Concrètement, le nouveau tarif est appliqué depuis le 1er janvier pour les nouveaux résidents. Pour les anciens, deux cas de figure se posent. Pour ceux bénéficiant de l'aide sociale, « rien ne bouge », assure Anne-Frédérique Sims-Lagadec, directrice générale de l'Ugecam Bretagne Pays de la Loire. Pour les autres, la majorité des 80 résidents actuels, le tarif sera applicable à partir du 1er avril. « Mais on ne mettra aucun résident à la porte », promet l'Ugecam.

Jusqu'à la fin mars, un dispositif d'accompagnement doit permettre d'évaluer les situations au cas par cas, avec l'aide d'une assistante sociale dédiée à la constitution des dossiers individuels des résidents ou familles estimant ne pas pouvoir assumer la hausse tarifaire. Si la commission juge qu'ils n'ont pas les ressources nécessaires, l'Ugecam pourrait engager leur patrimoine afin de régler la différence. S'il n'y a pas de récupération ultérieure possible, les résidents pourront bénéficier d'une réduction de tarif allant jusqu'à 10 €.

Un arsenal loin de rassurer les familles, qui entendent rester mobilisées. Elles ont déjà programmé une rencontre avec le représentant du Défenseur des droits à Brest, et devraient solliciter l'aide d'associations de consommateurs.

(*) Avec 225 établissements sanitaires et médico-sociaux et un milliard d'euros de chiffre d'affaires, l'Union pour la gestion des établissements des caisses de l'Assurance-maladie est le premier opérateur privé à but non lucratif du secteur en France. Mais la situation est dégradée sur le territoire Bretagne-Pays de la Loire, avec 4 millions d'euros de déficit, pour 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 

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Outre l'EHPAD de Kerampir à Bohars, près de Brest, l'Ugecam gère dans le Finistère deux centres de soins de suite et de réadaptation l'un à Kerampir et l'autre à Saint-Yvi.

 

Concernant la situation financière des EHPAD et le reste à charge pour les patients, il faut rappeler qu'initialement était prévu dans la loi d'adaptation de la société au vieillissement un second volet consacré aux établissements qui accueillent des personnes âgées et que l'intention affichée était notamment de réduire le très lourd reste à charge pour les familles.

Ce second volet était annoncé pour la seconde partie du mandat de François Hollande.

La loi a pris du retard et n'a été votée que fin 2015, les financements n'étaient pas au rendez-vous, les politiques d'austérité étant passées par là, et le second volet n'a jamais vu le jour.

Encore une promesse envolée.

Quant à l'intention proclamée de réduire le reste à charge pour les familles ayant un parent en établissement, elle s'est réduite au final à promettre plus de transparence dans les tarifs des EHPAD et à mettre en place sur le site du ministère un comparateur de prix !

Et l'on peut craindre que la situation ne continue à se détériorer si nous ne nous mêlons pas de réorienter les choix politiques de notre pays, notamment dans le domaine de la prise en charge humaine et digne du vieillissement .

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