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Ferme bio. Histoire d'une conversion réussie / Le Télégramme

Venus témoigner de leur conversion en bio, Claude et Michel Kéranguéven ont su transmettre leur passion pour le métier d'agriculteur.

Une petite exploitation de 30 hectares avec douze vaches et cinq truies est-elle viable ? Hier matin, Michel Kéranguéven et son épouse Claude, lors d'une conférence donnée au salon Breizh Nature, ont rapidement convaincu leur auditoire.

Oui, vivre de l'agriculture est toujours possible.

En intervenant à Breizh Nature, Michel Kéranguéven ne veut surtout pas donner de leçon.

« Si je donne des conférences, ce n'est pas pour dire « Faites comme nous ! » C'est pour montrer aux jeunes qu'il y a peut-être une autre alternative, une autre façon de faire ». Michel et son épouse Claude ne sont pas issus du monde paysan. Lorsqu'ils s'installent à Quimerc'h en 1979, ils ont « 20 ans et l'envie de vivre un métier dans l'agriculture ». Pour le jeune couple, le métier d'éleveur est synonyme de liberté.

Production laitière : « On allait dans le mur ! »

Comme d'autres, ils se lancent dans la production laitière avec un cheptel d'une trentaine de vaches. La surface de l'exploitation atteint une trentaine d'hectares. « C'était une exploitation familiale moyenne. Il fallait produire mais la réalité économique nous a vite rattrapés ». Au bout de sept ans d'activité, le couple doit se rendre à l'évidence : « On allait dans le mur ». Les vaches laitières sont vendues. Plutôt que de s'étendre sur cette période difficile, Michel Kéranguéven préfère parler de sa reconversion, réussie, en bio. À la fin des années 1980, il se dit avec son épouse qu'il y a « quelque chose à faire avec le lait ». Ce sera du fromage. Ils installent un laboratoire dans leur ferme et se mettent à écumer les marchés locaux où ils vendent de la tomme, des fromages frais ou à l'ail et aux fines herbes. Bientôt, 20 chèvres rejoignent la ferme. « On a commencé tout petit. Il n'y avait plus d'intermédiaires et on commençait à vivre de notre production.

Souvent, constate Michel Kéranguéven, on accumule des savoir-faire. Nous avons eu des vaches Holstein, mais ce n'était pas le meilleur pour le formage. On a aussi testé la Jersiaise, puis la Pie noire. On a finalement opté pour la Froment du Léon ».

Viandes et fromages écoulés sur les marchés

Aujourd'hui, la « ferme », terme préféré par l'agriculteur à « exploitation, car on n'exploite personne », compte douze vaches et cinq truies. Les chèvres ont disparu. Un nouveau laboratoire aux normes a été installé pour travailler la viande. « Nous envoyons un cochon par semaine à l'abattoir et nous vendons trois vaches par an. Nous ne vendons plus de vaches aux maquignons. Comme pour le fromage, nous transformons la viande chez nous. Les beaux morceaux sont vendus sur les marchés et avec le reste nous faisons des pâtés, du boudin, des saucisses... Nous faisons aussi des recettes comme le boeuf au cidre. Le cidre et le jus de pommes sont faits chez nous ». La production est écoulée sur des marchés, à Quimper, Pont-l'Abbé et Châteaulin. Après avoir envisagé de faire une carrière de paysagiste, Pierrick, le fils de Michel et Claude âgé de 27 ans, les a rejoints à la ferme. « Nous n'avons que six vaches à traire et nous ne le faisons qu'une fois le matin. L'arrivée de Pierrick nous a apporté une bouffée d'air, indique le couple. Le jeu n'est jamais fini sur une ferme. On peut créer beaucoup de choses. C'est pourquoi il faut qu'il reste des abattoirs publics. Il y en a trois dans le Finistère. S'ils ferment, notre système s'écroule... »

Le Télégramme / 16 janvier 2017 / Cathy Tymen
 

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Michel Kerangueven est bien connu sur les marchés de Quimper (marché bio du vendredi après-midi à Kerfeunteun et marché du Stéir le samedi matin) où il vend contre vents et marées - c'est parfois le cas de le dire - ses très bons produits fermiers depuis des années.

Et il a bien raison de défendre les abattoirs publics du Finistère, essentiels pour une agriculture paysanne de proximité.

Rappelons à ce sujet la bataille menée dans le Cap Sizun, et dans laquelle les communistes du Cap ont joué un rôle déterminant, pour le maintien et la rénovation de l'abattoir de Pont-Croix :

http://quimper.pcf.fr/85724

 

Abattoir de Pont-Croix
Le Cap Sizun a gagné
Communiqué de la section PCF du Cap Sizun (28 mars 2016)

Finalement, une (large) majorité s’est dégagée à la Communauté de communes en faveur de l’abattoir. Le Cap Sizun y gagnera, tout l’ouest-Cornouaille y gagnera.

La lutte et les propositions des éleveurs, ainsi que le soutien de la population ont fait émerger cette bonne solution qui permettra, par le développement des circuits courts, de soutenir une partie de notre agriculture locale et de conserver les emplois de l’abattoir.

Dans cette affaire, le Parti communiste du Cap Sizun n’a pas ménagé sa peine, en étant en permanence à l’écoute des éleveurs et des salariés, et en mettant en avant des propositions utiles et constructives . Il a fallu combattre les élus ultra-libéraux qui considèrent qu’il y a toujours trop de dépenses publiques (mais qui ne disent rien quand on fait 41 milliards de cadeaux aux grandes entreprises, sans contrôle…et sans résultats pour l’emploi).

Les éleveurs ont aussi dû faire face à des dirigeants FNSEA qui avaient condamné l’abattoir au nom d’un productivisme dont on voit pourtant les effets catastrophiques pour la plupart des agriculteurs.

Et maintenant : relancer l’abattoir

  • Avec une direction à temps plein, entreprenante et dynamique, à l’écoute des éleveurs et des salariés.

  • Avec une politique commerciale rénovée et transparente.

  • Avec une nouvelle salle de découpe, la mise sous vide, la possibilité de livraison.

  • Ce nouveau dynamisme sera garanti par une gestion démocratique, associant les élus communautaires aux éleveurs et salariés.

Chacun doit soutenir cette relance de l’abattoir :

  • Les consommateurs (ou « consomm’acteurs ») en faisant encore plus confiance aux circuits courts.

  • Les éleveurs en (re)trouvant tous le chemin de l’abattoir renouvelé.

  • Les grandes surfaces en jouant le jeu, et pas seulement pour soigner leur image.

  • Les diverses communautés de communes de l’ouest-Cornouaille en pérennisant leur participation financière, avant la création d’un syndicat intercommunautaire.

En résumé : satisfaction, mobilisation et vigilance. 

 

 

 

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