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Deux ans et demi sans trouver de médecin

Le témoignage ci-dessous, paru dans l'Ouest-France du 9 février, interroge sur la réalité de l'accès aux soins pour tous et partout.

La difficulté à trouver un médecin traitant n'est plus réservée aux petites communes rurales.

Une ville comme Quimper est aussi touchée aujourd'hui, les généralistes qui partent (retraite...) n'étant trop souvent pas remplacés.

C'est le résultat de politiques absurdes dont nous payons les conséquences, les gouvernements successifs ayant espéré avec le numerus clausus limiter la « consommation médicale », le terme en soi est déjà choquant, car la santé n'est pas une marchandise que l'on consomme, et les patients ne choisissent pas de tomber malades...ni de vieillir...

Résultat, notre pays manque de médecins.

Les communistes qui s'étaient élevés contre cette politique à courte vue se prononcent pour la suppression du numerus clausus.

Marisol Touraine a fait un petit pas pour le desserrer, mais encore faut-il donner les moyens nécessaires pour former les médecins.

Car sinon on arrive à la situation absurde du CHU de Brest où le doyen de la faculté de médecine déclare ne pouvoir accueillir davantage d'étudiants en médecine faute d'enseignants, la ministre ayant refusé tout poste supplémentaire alors que le CHU de Brest a le plus bas taux d'encadrement de France !

Il faut aussi répondre aux aspirations des nouvelles générations de médecins à travailler différemment. La création de centres de santé, avec des médecins salariés et non plus en exercice libéral, travaillant en équipe et pratiquant réellement le tiers payant, est une réponse à cette aspiration et aux besoins des patients. Cette idée fait son chemin partout en France.

Et sans doute une telle prise en charge dans le cas d'un patient atteint d'une maladie complexe serait plus aisée pour le corps médical.

Mais il semble qu'il y ait autre chose aussi dans les difficultés rencontrées par ce Quimpérois.

Accepter un patient qui relève de la CMU entraîne chez certains médecins des réticences qui ne s'expliquent pas uniquement par les difficultés administratives...

Alors, vite le 100 % Sécu que proposent les communistes dans leur programme « La France en commun ». Plus simple, plus efficace pour les utilisateurs, plus juste pour les bénéficiaires car il permet un réel accès aux soins pour tous et permet de faire reculer les inégalités. Seul il réalise le projet d'unicité, d'universalité, de solidarité, d'égalité, des pères fondateurs de la Sécu et notamment du ministre communiste Ambroise Croizat auquel rend hommage le film « La Sociale  » de Gilles Perret.

Les moyens existent pour le financer, à condition de prendre l'argent là où il est.

L'Humain d'abord!

 

Article d'Ouest-France / Flora Chauveau / 9 février 2017

Depuis son arrivée à Quimper, Thierry Allain n'a pas réussi à trouver un médecin qui acceptait de le suivre. Trop peu de praticiens. Une situation complexe pour cet homme porteur d'un handicap.

Témoignage

Depuis deux ans et demi, Thierry Allain n'a pas de médecin traitant à Quimper. L'homme de 41 ans est revenu dans sa ville natale en 2014, pour se rapprocher de sa famille.

Il y a deux ans, les médecins lui ont découvert une forme de maladie rare, une tumeur qui fait pression sur le nerf contrôlant toute la partie droite de son corps. Il a arrêté de conduire, puis n'a plus réussi à marcher correctement. « Je me fais soigner tous les mois à Rennes », explique-t-il. Ça, c'est pour le suivi spécialisé de sa maladie. Mais pour se faire prescrire les médicaments qu'il doit prendre tous les jours, ou se faire soigner d'une maladie de saison... aucun praticien quimpérois n'a voulu de lui. Comme il ne conduit plus et qu'il marche avec peine, il ne peut pas consulter un médecin trop loin.

« Heureusement que j'ai ma famille »

C'est pourtant à Plogonnec qu'il se fait soigner, en attendant mieux. Il est retourné chez son médecin de famille, celui qui l'a soigné enfant. Il a réussi à « batailler » auprès de la Sécu pour obtenir une ambulance. Autonomie, zéro. « Heureusement que j'ai ma famille », reconnaît-il.

Il a bien cherché un médecin qui se déplace à domicile. Mais il n'a pas trouvé. Il y a quelques mois, il a attrapé une pneumonie. Sans médecin, il s'est résolu à aller aux urgences. Il aurait pu chercher un peu plus loin, dans les quartiers périphériques à Quimper. Mais il lui est difficile de se faire comprendre au téléphone, en raison de la paralysie de la moitié de sa bouche.

Il évoque aussi son affiliation à la Couverture maladie universelle, la CMU. « C'est plus contraignant pour les médecins, pense-t-il. Ils doivent faire plus de papiers, j'imagine qu'ils refusent parce qu'ils ont cela à faire en plus. » L'Ordre des médecins a récemment condamné les professionnels de santé refusant de soigner les patients affiliés à la CMU - illégal, mais répandu -

Il y a trois jours, Thierry s'est acheté un scooter électrique. 10 km/h de moyenne, 30 km d'autonomie. « Je n'ai toujours pas pu sortir parce qu'il pleut », s'impatiente-t-il. Mais ce véhicule est son passeport vers davantage de liberté, d'indépendance. Et un moyen pour se remettre en quête d'un médecin traitant : celui de Plogonnec part bientôt à la retraite.

 

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