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Quimper : la place de la Résistance rebaptisée par le collectif Stop TAFTA CETA de Cornouaille

Ce vendredi matin, place de la Résistance, lieu historique des mobilisations quimpéroises et finistériennes, à proximité de la préfecture du département, des membres du collectif Stop TAFTA CETA de Cornouaille avaient donné rendez-vous à la presse locale pour une conférence de presse en plein air d'un genre un peu particulier : il s'agissait, en réaction au vote du Parlement européen en faveur du CETA, d'apposer symboliquement une nouvelle plaque « Place de la Résistance au CETA et aux traités de libre échange que nous imposent les multinationales... ».

L'intervention d'Henri Guillou, animateur du collectif, qui rappela les étapes à venir et invita à intensifier la mobilisation contre la ratification nationale du CETA, fut suivie de courtes prises de parole des représentant-e-s de Peuples Solidaires, d'EELV, du PCF et du syndicat Solidaires.

 

Voici celle d'Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCF du pays de Quimper :

 

Le CETA vient d'être adopté par le Parlement européen par 408 voix pour, 254 contre, 33 abstentions.

Pour autant ce n'est pas la fin de la guerre, terme que j'emploie volontairement car c'est à juste titre que le CETA a pu être qualifié d'OTAN économique.

Si ce vote confirme la prédominance au Parlement européen des partisans de l'Europe libérale et des multinationales, des fissures ont commencé à apparaître. Par exemple les eurodéputés français ont majoritairement voté contre, c'est même parmi eux que la part des votes contre est la plus forte ( 3 votes contre pour 1 vote pour ).

Les députés européens de notre groupe GUE-GVN ont pris une part importante à cette bataille contre le CETA, nos élus des groupes communistes - Front de gauche à l'Assemblée et au Sénat aussi.

Lors de ce scrutin, les députés socialistes français se sont détachés de leur groupe européen* en votant contre le CETA. Ils se sont ainsi démarqués du gouvernement et de bon nombre de leurs collègues socialistes de l'Assemblée nationale.

À ce propos, le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, à nouveau candidat aux prochaines législatives dans la circonscription de Quimper, a été interrogé sur sa position par un membre de notre collectif lors des primaires citoyennes du PS où il soutenait Manuel Valls. Il lui a répondu qu'il ne pouvait se prononcer, n'étant pas suffisamment informé sur le contenu du CETA... Un comble pour un juriste de profession, ministre de la Justice, alors que la question de la compatibilité de ce traité avec la Constitution française et le droit européen est un des points forts de la contestation du CETA ! Jean-Jacques Urvoas encore une fois préfère éviter les sujets qui fâchent...

Il faut voir dans le vote majoritaire des parlementaires européens français contre le CETA l'effet d'une intense campagne dans notre pays, appuyée sur des associations, des syndicats, des mouvements politiques, notamment le PCF, de nombreuses mobilisations citoyennes, avec des interpellations de députés européens, des délibérations de collectivités territoriales se déclarant hors TAFTA-CETA, nombreuses dans le Finistère...

Cela nous encourage à continuer et à amplifier les mobilisations contre ce traité qui est une arme de destruction massive des droits sociaux, humains, environnementaux, qui menace l'emploi, l'agriculture, les services publics, qui piétine la démocratie et le droit des peuples à décider de leur destin.

Les risques environnementaux, le danger pour nos éleveurs, sont assez bien perçus.

Pour autant, le Canada, cela paraît parfois lointain.

Mais le CETA est déjà à notre porte, même là où l'on ne le voit pas.

Il y a quelques jours sous l'égide de l'Agence Régionale de Santé (ARS) de Bretagne, était annoncée une filière gériatrique Ouest-Cornouaille reposant sur un partenariat public-privé, deux établissements, le centre de rééducation fonctionnelle de Tréboul à Douarnenez, et la clinique des Glénan à Bénodet, étant dans le giron du groupe Orpea-Clinea, dont l'actionnaire principal est un fonds de pension canadien !

Ce groupe coté en Bourse, qui gère des unités de soins et des EHPAD,  rémunère très bien ses actionnaires mais traite fort mal ses salariés, qu'il n'hésite pas à espionner, et ses patients.

On peut s'inquiéter légitimement des possibilités nouvelles offertes à de tels groupes par la mise en œuvre du CETA .

 

Le CETA doit maintenant être soumis aux parlements nationaux mais, sans attendre leur ratification, il va être scandaleusement mis en application de façon provisoire* au printemps, peut-être dès le 1er mars.

Alors, rassemblons-nous pour mettre en échec sa ratification nationale.

Il y a quelques jours, à l'initiative des députés communistes et Front de gauche, et contre la volonté des représentants du gouvernement, une résolution a été adoptée à l'Assemblée Nationale, exigeant notamment une consultation d'urgence du Parlement français avant la mise en œuvre provisoire du CETA**, et l'organisation d'un référendum pour que sa ratification soit soumise à la volonté populaire.

Nous appelons toutes et tous à porter avec nous cette exigence démocratique, ce sont les citoyens qui doivent décider, et pas les multinationales qui ne rêvent que de maximiser leurs profits au détriment des peuples et de la planète, de déréguler encore plus nos sociétés au nom de la concurrence « libre et non faussée » et du « bon fonctionnement du marché ».

Pour défendre et élargir l'héritage des conquêtes sociales de la Résistance évoquée ici par cette place, pour l'Humain contre la finance, nous appelons au rassemblement pour porter plus haut encore la « Résistance au CETA et aux multinationales », pour les droits sociaux et environnementaux, pour la démocratie !

 

* le groupe des sociaux-démocrates auquel appartiennent les socialistes français a approuvé le CETA par 96 voix pour, 66 contre.

** lors d'un vote au Sénat en octobre, une proposition de résolution du groupe communiste républicain et citoyen demandant au gouvernement français « de refuser toute mise en œuvre provisoire du CETA sans consultation préalable des Parlements nationaux » avait été rejetée par les sénateurs de droite, centristes et socialistes.

 

 

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