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Participation citoyenne et sécurité selon le maire de Quimper

Ludovic Jolivet, maire LR de Quimper, vient de signer avec le préfet du Finistère et le procureur un protocole dit de « Participation citoyenne » censé lutter contre la délinquance en favorisant la « citoyenneté de voisinage ».

Il annonce, en se référant aux « Voisins vigilants », la mise en place dans les quartiers pour détecter les « comportements suspects » de « référents » choisis (comment, par qui) sur des critères de « fiabilité », et confirme que la mise en place de caméras de surveillance fait l'objet d'une étude.

Tout cela sans qu'aucun débat ait été organisé, aucune consultation des élus ou de la population.

C'est ainsi que le maire de Quimper conçoit la participation citoyenne, ce n'est pas nouveau.

Sur le fond, si le besoin de sécurité des habitants doit être entendu, il faut rappeler que les caméras de vidéo-surveillance, très coûteuses au demeurant, n'y apportent pas de réponse. L'attentat terroriste qui a endeuillé Nice, ville la plus dotée de France en caméras de surveillance qui devaient, selon son maire LR, apporter la sécurité aux Niçois, en est une dramatique illustration.

Quant à la surveillance généralisée des uns par les autres, ce n'est pas ainsi qu'on construit le bien-vivre ensemble, la « sécurité collective » des citoyens, mais par le développement des solidarités, en particulier à l'égard des plus fragiles, des personnes âgées, isolées, des handicapés, par des politiques fondées sur la prévention, sur la proximité, sur la présence humaine dans les quartiers, par le maillage des services publics, par un soutien à la vie associative qui irrigue toute la ville et contribue à la cohésion sociale.

Toutes choses dont la majorité municipale ne prend pas le chemin et qui sont peu compatibles avec les choix austéritaires à quelque niveau que ce soit.

 

Ci-dessous la déclaration à la presse de Matthieu Stervinou et Piero Rainero, conseillers municipaux d'opposition, membres de la commission des affaires sociales de la ville :

 

C'est avec un grand étonnement que nous avons appris par la presse la décision de Monsieur le Maire concernant les questions de sécurité dans notre ville.

Le conseil municipal n' a jamais été amené à délibérer de ces questions de manière sérieuse, aucun chiffre, aucun document, aucune étude, aucune proposition, aucun élément financier n'ont été transmis et par conséquent soumis au débat des élus. Quel mépris pour la représentation élective des Quimpérois !

Nous avions pourtant essayé d'interpeller Monsieur le Maire lors d'un conseil municipal sur ses intentions, nous lui avions demandé que nous soient communiqués des éléments d'analyse et de proposition mais nous n'avons eu alors aucune réponse sérieuse et intelligible à toutes nos questions.

 

Pourquoi un tel silence qui s'apparente à de la dissimulation d'information ?

 

Pourquoi une telle précipitation ?

La situation se serait-elle si dégradée dans notre ville depuis l'arrivée de Monsieur Jolivet à la direction de la municipalité qu'il faudrait décider sans aucune concertation et dans la précipitation de mesures qui nous apparaissent totalement inadaptées et seront très coûteuses pour le contribuable quimpérois ?

À un moment où Monsieur le Maire parle de faire des économies sur le budget de fonctionnement et organise à grand renfort de publicité des « États Généraux des politiques publiques » pour essayer de faire accepter la diminution des services municipaux à la population, voilà des dépenses inutiles qu'il pourrait épargner aux Quimpérois.

 

Les mesures annoncées vont créer à Quimper un climat anxiogène, malsain, et donneront de la ville une très mauvaise image, peu compatible avec l'attractivité touristique, économique à laquelle Monsieur Jolivet se référe si souvent.

Plutôt que d'inciter chacun à surveiller son voisin, il serait plus profitable de soutenir les nombreuses associations de notre ville qui contribuent à la qualité de vie et à la cohésion sociale.

 

Profondément attachés au maintien de la sécurité dans notre ville, à la qualité du bien vivre ensemble qui y a prédominé jusqu'à aujourd'hui – (le magazine « L'Express » ne plaçait-il pas pour cette année 2017 Quimper au deuxième rang des quinzes villes où il fait  le plus « bon vivre »?) - nous demandons, une nouvelle fois, qu'un vrai débat soit organisé au conseil municipal sur ces questions, que tous les éléments portant sur les problèmes de sécurité soient portés à la connaissance des élus afin que les décisions les plus adaptées, les plus efficaces puissent être prises en concertation avec les habitants, les associations concernées, les services de l'État.

 

Piero Rainero et Matthieu Stervinou, Quimper, le 24 mars 2017.

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